Les Chats Persans, Bahman Ghobadi et Roxana Saberi

 

 

 

 

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Un tournage “clandestin” à Téhéran, “une ville où tout ce que tu vois te provoque“. Des acteurs des artistes qui transgressent l'interdit pour vivre leur passion *La musique*….http://www.myspace.com/takeiteasyhospital

En Iran, ces trente dernières années, un genre de musique (et en particulier la musique occidentale) a été quasiment interdit par les autorités. Cette musique occidentale doit se cacher dans des sous sols, se jouer en sous-sol, s'écouter en sous-sol ! Même si cette musique était cachée, cela ne l'a pas fait disparaître. Pendant tout ce temps, presque personne n'a osé en parler. Ça m'a intrigué et j'ai décidé de réaliser un film à ce sujet. Le cinéma m'a donné le courage de le faire. Lorsque je suis allé au coeur de Téhéran et que j'ai descendu les escaliers sombres menant aux sous-sols où cette musique-là se jouait, j'ai découvert un monde étrange, différent et fascinant. Un monde caché que peu d'habitants de cette ville ont pu voir ou entendre. J'ai aperçu leur univers, vu leur vraie vie : leurs soucis artistiques, les dangers encourus (aussi bien économiques que physiques), les difficultés avec leurs voisins, les arrestations de police, les coups de fouet et tout cela parce qu'ils chantent, jouent d'un instrument, aiment la musique, tout simplement… Je me suis dit qu'il fallait que je fasse ce film. Ce film est la première image vraie de la réalité de ces jeunes.” B. Ghobadi

 



De la servitude Moderne, JF Brient



“L’Autre”, de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic.

 Le thème est dérangeant forcément, tout en étant insoutenablement proche. Il relève de la méconnaissance que nous avons de nous-même, de ce que nous sommes à quelques pas perdus derrière la conscience, par delà la perception du censé. C'est ce que dit l'héroïne d'ailleurs,  “-ça n'existe pas, tu sais, tout ça n'a pas de sens”, “-mais alors si ça n'a pas de sens pourquoi j'ai fait ça ?”

Ce dialogue bref et éclairant (comme tout les autres de ce film) révèle que l'héroïne se rend compte de son état de folie. Les critiques recueillies ci après en parlent bien mieux que moi. Un film superbe comme je les aime, avec des musiques totalement en accord avec le thème.. ci joint un interview de dominique blanc sur france inter.

  (ci le lien ne marche pas cliquez ici)

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Ali Zaoua, prince de la rue…

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…Un film marocain de Nabil AYOUCH, réalisé en 2001.

Film dramatique. Difficile d'en parler. Sur la dureté de la vie de ces “princes” de la rue, de jeunes enfants dont il nous est donné à voir la vie (la survie), toute la violence des rapports entre leurs groupes; l'insoutenable cruauté de Dib, “chef” du groupe d'enfants, qui incarne la figure d'une sorte de tyran manipulateur et pire encore.

Ce qui est frappant dans ce film, c'est la dualité entre la tendresse, la fraternité et la solidarité d'une part entre les enfants, et la violence, la cruauté l'abandon de l'autre, vécus par eux-mêmes, leur ressentis, à l'égard de la marche d'un monde qui paraît si lointain lorsqu'on se place de leur point de vue… Chaque scène est criante de signification. La caméra de Nabil Ayouch est tellement intelligente qu'il est impossible pour moi d'être à la hauteur pour exprimer clairement ce que disent ses images…Si vous l'avez vu, laissez moi vos impressions en commentaire…

Tout au long du film, on tend à concrétiser une sorte de quête de grand hommage à rendre à “Ali Zaoua”, et la recherche de cet hommage, de cet enterrement digne pour leur ami démontre toute la grandeur et la noblesse des sentiments de ces enfants de la rue; elle montre à quel point leur condition “matérielle” n'est pas une prison pour leur esprit, et que l'esprit demeure libre et grand, peut-être même démesuré, -comme les rêves d'Ali- par le fait même de la rudesse de leurs vies.

Avec … :

 

 

 



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Il y a des moments ou l'on se surprend en pleine méditation nostalgique. Devant une vieille photo, dans un moment de solitude, de recentrement.  Serait-on en train de dresser une sorte de bilan ? De tourner une page de notre vie ? Cette impression vague qu'une page se tourne, quand on regarde en arrière et qu'on s'y voit, figure lointaine de nous même en tout petit dans notre monde que l'on perçoit comme “révolu”, en quelque sorte, même si ça fait toujours partie de nous. Parfois il n'y a aucun regret ni nostalgie, juste la sensation du temps qui s'est écoulé entre le moment où l'ont se souvient et les souvenirs eux-mêmes. Sensation étrange.
Aujourd'hui, en ce moment, je me souviens de la petite révolution. C'est venu avec Truffaut, avec Ardant, et puis tout le reste.

 

Photo : memetic sur flickr



Exils, Tony Gatlif

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Exils, de Tony Gatlif est un film qui abreuve l'âme. C'est le périple d'un retour aux sources, douloureux nécessaire et libérateur. C'est un témoignage moins criant que poétique où les images et les regards et les gestes parlent par-delà les mots.

 

Le couple d'européens qui n'a pas le droit d'espérer des jours meilleurs en Algérie - ils se heurtent à la grande perplexité de leur compagnons de voyages et de tous les immigrants qui croisent leur chemins en sens inverse, de l'Algérie vers la France- ce voyage, cette quête aboutit à la (re)découverte de ses origines, et donc de soi-même. C'est une nouvelle naissance lumineuse pour les deux membres du couple qui chacun en renait, apaisé par ce qu'il a trouvé en Algérie de réponses et de spiritualité, de paysages en harmonie et apaisants et vastes comme les horizons nouveau qu'ils ont ouvert à leur âme, à leur amour.



The dreamer (Les Innocents), de Bernardo Bertolucci

D'après le roman de Gilbert Adair, The Holy innocents.

Un film excellent, des acteurs remarquables, une caméra très intéressante puisqu' audacieuse et sensitive, portée sur le fil du scénario, jeune mais intemporel, surprenant, au mystère oscillant entre clair et obscur… Le réalisateur à même rendu hommage à Jean Pierre Léaud et à François Truffaut en insérant des extraits video de discours, ou encore la musique d'un film de Truffaut…Chapeau.

dreamerRéalisé par Bernardo Bertolucci Avec Michael Pitt, Eva Green, Louis Garrel  Film américain, britannique, français. Genre : Drame Durée : 1h 56min. Année de production : 2002 Interdit aux moins de 12 ans Titre original : The Dreamers



Henry Miller, Tropique du Capricorne

Extrait du Livre d'H.Miller que je lis en ce moment. Une leçon de vie, de tolérance, d'ambition et de révolte.

 

“Je voyais, j'apprenais à connaître des hommes qui étaient des saints, s'il est des saints en ce monde; je voyais et parlais à des savants, les uns crapuleux, les autres non; j'écoutais des hommes qui avaient le feu sacré dans les tripes, qui auraiet convaincu Dieu même qu'ils étaient dignes qu'on leur accordât une dernière chance, Dieu même, mais certes pas le vice-président de la Cosmococu. J'étais là, assis, rivé à mon bureau et ce faisant parcourait le monde à la vitesse de l'éclair, et j'apprenais que partout c'était la même chose, partout la faim, l'humiliation, l'ignorance, le vice, l'avidité, l'extorsion, la chicane, la torture, le despotisme, l'inhumanité de l'homme envers l'homme : Les chaînes, le harnais, le mors, la bride, le fouet, les éperons. Et meilleur le calibre, pire la condition de l'individu. Des hommes foulaient les rues de New-York, attifés de cette saloperie d'attirail dégradant, objet de mépris, plus bas que tout, se trimbalant comme des algues, des pingouins, des boeufs des otaries savantes des ânes patients d'énormes baudets semblables à des gorilles fous, à des dociles maniaques mordillant l'appât qu'on leur balance sous le nez, à des souris valsantes, des cochons d'Inde, des écureuils, des lapins, et maint et maint d'entre eux étaient de taille à gouverner l'univers, à écrire la plus grande oeuvre qu'on eût jamais écrite. Quand je pense à quelques uns de ces Persans, de ces Indous, de ces Arabes que j'ai connus, quand je pense au caractère qui se révélait en eux, à leur grâce, à leur tendresse, leur intelligence, leur sainteté, je crache sur la race blanche des conquérants de ce monde, Anglais dégénéré, Allemand borné, Français content de soi et de son confort. La terre n'est qu'un grand être unique et sensible, une planète saturée de part en part d'humanité, une planète vive et qui s'exprime en bafouillant, en bégayant; non pas demeure de l'homme blanc, ou de la race noire ou jaune ou de la race éteinte des hommes bleus, mais demeure de l'homme, et tous les hommes sont égaux devant Dieu et auront leur chance, si ce n'est aujourd'hui, dans un million d'années. […]”



Anna M., de Michel Spinosa, avec Isabelle Carré

  Un film que me fait beaucoup penser à “A la folie pas du tout” (cf. article lié), puisqu'il traite du même sujet, l'amour, fou : “l'érotomanie” (la passion vive ET l'illusion d'être aimé). Un sujet inépuisable et toujours aussi bouleversant au fil des histoires et des héros…

Celle-ci l'est particulièrement puisqu'elle s'inscrit dans une athmosphère obscure de l'intériorité d'Anna, dès le début.  Pour sombrer petit à petit vers les profondeurs illimitées, et méconnues, de l'âme humaine vers l'enfer de la passion, folie et douleur garanties.Le film s'articule entre plusieurs chapitres qui correspondent en réalité aux différentes phases de l'érotomanie : “illumination”, “espoir”, “dépit”, “haine”. (espoir, dépit, rancune, agression dans les livres)

Le scénario est vraiment bien mené (la photo ci-dessus est extraite d'un moment clé du film) et la performance d'Isabelle Carré très réussie.

Toutes les musiques qui enveloppent le film de tons envoûtants et théâtraux sont… émouvantes!  (Coco rosie “Candyland”, Au revoir simone “Stay Golden”, “; Vivaldi “les 4 saisons”,

 Mais je n'en dirais pas plus…à vous de voir.

Réalisé par Michel Spinosa Avec Isabelle Carré, Gilbert Melki, Anne Consigny Film français. Genre : Drame Durée : 1h 46min. Année de production : 2006

 



La Pianiste, réalisé par M. Haneke, avec Isabelle Huppert

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La performance d'Isabelle Huppert dans La Pianiste est absolument remarquable. Annie Girardot réalise un sans faute. Et Benoît Magimel est “crédible”, “en son genre” : Je n'ai pas apprécié son interprétation. Même si elle était “plosible”.

 

Le film porte le nom et le scénario du roman de Elfriede Jelinek que je vais lire.   …Un film fort, dérangeant, intense, inoubliable. Obscur, profond, à sa manière. D'amour ? à sa manière…Passion avant tout. Et de toutes natures.

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Grand prix du Jury à Cannes en 2001, prix d'interprétation  à Isabelle Huppert (normal) et à B.Magimel (bof).

 

Réalisé par Michael Haneke Avec Isabelle Huppert, Benoît Magimel, Annie Girardot Film français, autrichien. Genre : Drame  Durée : 2h 10min. Année de production : 2000 Interdit aux moins de 16 ans



La Naissance Des Pieuvres

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Je me suis construite dans la pierre dure de mes 15 ans” (Fanny Ardant)

Une plongée pour une immersion totale dans les eaux agitées de l'adolescence; de ses tourments; de ses bouleversements, ses questionnements, ses désillusions, ses joies…Tout cela nous rappelle des souvenirs tellement précieux, d'une période intense et qui a déjà filée à toute allure…Attention âmes nostalgiques, à regarder avec modération !

Une belle musique pour un univers aquatique si particulier, de belles images, et des actrices absolument crédibles dans leur jeu, grâce aux dialogues notamment et au scénario.

Premier film de Céline Sciamma réalisé avec une sensibilité “immaculée”, je suis conquise.

En savoir plus : Secrets de tournage

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♥ The (Les) Secrets - Ha Sodot / Emeth, de Avi Nesher (2007)

“Vous vous rendez compte de quoi est fait un être humain ? D’obscur, de contradiction, de folie, d’intelligence…Il faut lutter pour le sauvegarder ! (Fanny Ardant)

Fanny ARDANT in the secrets ha sodot

Mes impressions sur ce film sont très intenses……Ce film m'a “impressionnée”, dans le sens lumineux du terme. Beaucoup de scènes m'ont marquées, celles des rituels surtout : aboutis, interrompus, “transis”…Ces scènes ont un goût étrange, de beauté et de vérité, douloureuses, infinies absolues et ineffables…qui transcendent les vies humaines en quête de “beauté-vérité” depuis des siècles… Fanny Ardant est touchante, comme d'habitude, mais en particulier dans ce film où on l'a voit sous un nouvel angle cinématographique : Malade, avec le maquillage adéquat… Cette paleur de teint, ces lèvres blanchies, ces cernes foncées, comme des ombres de la mort… Cette vérité “nue” dans le bain de purification…Tout cela fait de l'interprétation de Fanny ARDANT (Anouk) une interprétation vraiment bouleversante. J'ai eu peur lorsque je me suis mise à croire vraiment à son personnage, à n'en plus distinguer La Fanny Ardant de “la femme d'à côté”, et des interviews, de celle de “The Secrets”…. …D'un point de vue purement délirant, Anouk (the secrets) aurait d'ailleurs pu incarner le spectre de Mathilde (la femme d'à côté), puisque ces deux personnages ont commis un crime passionnel…Cette pensée aurait-elle effleurée l'esprit d'Avi Nesher ?

Ci dessous l'interview lumineux de Fanny Ardant + une fiche film complète  (variety.com)

Fanny Ardant, secrets et révélations

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Live!, de Bill Guttentag, dans les salles obscures

Avec la Sublime Eva Mendes…Qui interprète sans faute un rôle ambitieux. Ce film d'une violence morale extrême veut pointer du doigt les dérèglements du “divertissement” et des émission télévisuelles dont les producteurs veulent avant tout du profit à tout prix, et la recherche de l'audience maximale… avant tout, avant même la bienséance, et en bravant les valeurs parfois les plus importantes.

Eva Mendès pose la question de la liberté de la télé…Libre de proposer des émissions bravant toutes les valeurs, culturelles et la réflexives, et jusqu'où ? Vers quelle nouvelle “aire” ?

Excellent scénario !

Un film américain, qui fait réfléchir. Ce n'est pas une antithèse et ça fait du bien …”Comédie dramatique”…Oui, et plus précisément  satirique et dramatique…A voir, et en V.O  !

23 Janvier 2008  Réalisé par Bill Guttentag Avec Eva Mendes, David Krumholtz, Andre Braugher  Genre : Comédie dramatique  Durée : 1h 36min. 

+ L'interview éclairante d'Eva MENDES et de Bill GUTTENTAG ci-dessous. Étonnant, il parle de La nuit américaine de François TRUFFAUT ! :

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Roman de Gare, Claude Lelouch

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Lorsqu'on regarde un film de Lelouch, on peut être surpris par un scénario emmêlé qui se résoud lentement, à mesure que le film progresse. Les flash-back, les mises en abyme, les focalisations parallèles…Plusieurs faits se connectent vers une résolution de l'intrigue toujours surprenante. J'avoue que j'ai eu du mal avec Audrey Dana et Michelle Bernier. Quelque chose me dérange. La non crédibilité du personnage incarné par M.Bernier alors que Florence Thomassin était initialement prévue pour ce rôle (ne parlons pas du mari lorsqu'il lui annonce qu'il l'a quitte…c'est froid glacial et impersonnel), quant à Audrey Dana, c'est ce côté “midinette” pleureuse et criarde du début, mais qui est finalement résolu par  la suite de l'histoire…
Ardant incarne pour la première fois un personnage “non amoureux”, froid et malveillant. C'est à la fois esthétique et crédible. Le jeu est toujours aussi prenant, même quand il n'incarne pas ce personnage “amoureux passionné”qui lui va si bien. Judith Ralitzer (Fanny Ardant) est pourtant fougeuse et passionnée, mais d'une manière pervertie; en réalité c'est un personnage tellement passionné par un talent qu'elle jalouse (la littérature) qu'elle en devient machiavélique.  (Sic. la scène du manuscrit : )

Pierre Laclos “_ Vous avez vraiment aimé ? Judith Ralitzer_ À en crever de jalousie. C'est bien simple, j'ai envie de te tuer”.  C'est une femme intouchable, en apparence. Toujours ardente, mais différemment qu'ailleurs.

Ps : Pourquoi Lelouch a-t-il donné le prénom “Judith” (deuxième prénom de Fanny ARDANT) à l'héroïne qu'elle incarne ? Simple coïncidence ou …?



La belle histoire, de Lelouch

12695b32770a42a5abff6d9347ce3bd2.jpgUn film qui nous place d'emblée dans une perception ultra sensible du monde qui nous entoure. Avec cette intro ammenée par la valse de Brel et les images du ballet des voitures de milliers d'anonymes dans Paris…Comme il est dur de parler d'un film de Lelouch  ! Celui-ci est un métissage de faits, antiques et modernes, d'idées, de superstitions, d'amours….C'est un film très long, de 3h30 mais je ne me suis pas ennuyée une seconde. C'est un film du voyage, à travers le monde et les siècles ! Et les tons de la musique Espagnole sont …divins. Tous les acteurs son excellents ! Mais j'ai un faible pour Gérard LanvinRire, et Béatrice Dalle.

Un film à voir !