Les enfants du siècle, Diane Kurys, 1999

pfilm4602757652379.jpgAmoureuse de littérature et de cinéma ce film m’a forcément captivée d’un bout à l’autre…

C’est l’histoire de la passion amoureuse entre George Sand (Juliette Binoche) et Alfred de Musset (Benoît Magimel)… Le tout se déroule à une époque cruciale de l’Histoire, où « le mal du siècle » va faire naître le romantisme…

Extrait d’un interview éclairant avec la réalisatrice Diane Kurys :

Votre film s’ouvre avec les mots désespérés de Musset évoquant un monde en ruines, peuplé d’enfants du siècle vêtus de noir comme des orphelins, le blasphème à la bouche et le cœur vide. Rien ne semble avoir changé !
    
 En fait, le basculement de notre siècle vers le troisième millénaire n’est pas sans rapport avec l’époque que vécut la génération des jeunes gens nés entre 1770 et 1810 : société bloquée qui n’en finit pas de se chercher, systèmes de pensée obsolètes, idéologies à bout de souffle, matérialisme triomphant, épidémies mortelles et ravageuses, prise de conscience de plus en plus aiguë du malheur universel… Le début d’un siècle comme les années d’après-guerre ont toujours donné naissance à de nouveaux talents, à de nouveaux courants. Ces jeunes écrivains, ces peintres, ces musiciens qui formaient les cénacles et les salons du début du XIXe siècle avaient tous moins de trente ans quand ils ont engendré, avec le romantisme, un séisme d’une violence inouïe… Rongés par le mal du siècle, ils ont réinventé l’art en bousculant les règles, les normes et les genres établis. Ma génération, celle d’après-guerre, a choisi, elle, de réinventer l’amour et les relations humaines (Je me souviens que La Confession d’un enfant du siècle se passait de main en main sur les barricades en Mai-68 ; c’était « notre livre » autant que le Petit Livre rouge). Comme les enfants de 1830, nous avons grandi dans une société à la morale étriquée, fondée sur des principes sans lien avec la « vraie vie ». Comme Sand, comme Musset, nous avons été éduqués dans des écoles où les filles étaient séparées des garçons. A 20 ans, nous avons brusquement réalisé à quel point nous avions été isolés de l’autre sexe. Il nous a fallu redécouvrir l’amour, le débarrasser des préjugés et des vieilles culpabilités bourgeoises, retrouver une vérité que nos parents ne nous avaient pas enseignée, par ignorance ou par timidité. L’abolition des différences sexuelles est devenue l’étendard de notre révolte. Les garçons se sont laissé pousser les cheveux, tandis que les filles coupaient les leurs et mettaient des pantalons. (Sand portait des vêtements d’homme un siècle plus tôt, tandis que Musset exhibait des pantalons de fantaisie et des vestes multicolores.) Naïfs comme nous l’étions, nous étions loin d’imaginer qu’en brisant les tabous, en changeant les règles, nous donnerions naissance à une génération totalement déboussolée, privée de repères et de valeurs claires. Tout en nous accusant de « faillite » sentimentale, les jeunes sont en quête de modèles amoureux qui soient susceptibles de correspondre à leur attente. Ils recherchent désespérément des raisons de vivre et d’aimer. Faire ce film aujourd’hui et rendre résolument contemporaine cette histoire est pour moi presque un devoir vis-à-vis d’eux. Leur offrir un film d’amour qui essaie d’éviter les clichés et les mensonges et tout ce à quoi on les a habitués (feuilleton sentimental télévisé, happy end hollywoodien,…), leur montrer autre chose, autrement ; aller au plus près, au plus vrai de l’amour même si le voyage est parfois douloureux. 
 
 Pour en savoir plus, l’excellent site du film –>ici<--

4 Réponses à “Les enfants du siècle, Diane Kurys, 1999”

  1. Pauline dit :

    Tout simplement magnifique. Je sens encore le gout amer qu’il m’a laissé à la bouche. Mon coeur a mal.

  2. Hussard82 dit :

    j’ai bp bp aimé ce film aussi !!
    (décidément nous avons des goûts en commun et pas des moindres). j’ai trouvé que la peinture, sans être fidèle, était authentique. je ne sais pas si je suis très clair mais on approche du paradoxe aristotélicien. les personnages, je veux dire, leurs visages, leurs voix, leurs quêtes, sublimaient les personnes qu’avaient George Sand et Musset.

    en plus j’ai toujours eu un petit faible pour Magimel…
    le dvd est en bonne place sur mon étagère.

    bien à vous

  3. casquette swagg dit :

    A genuine companion certainly one the people that overlooks your trusty backsliding and tolerates your trusty success. [url=http://www.b77.fr/]casquette swagg[/url] casquette swagg

  4. Politocard dit :

    Et bien dis donc, il en a pas perdu le sommeil le petit Morsay (Mohamed Mehadji) 99 ce jeune malfrat se permet de voler les vélos de LA POSTE et de vendre des CDs NecroPedoSadoMaso Love a son stand !!
    Politocard

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