Henry Miller, Tropique du Capricorne

Extrait du Livre d’H.Miller que je lis en ce moment. Une leçon de vie, de tolérance, d’ambition et de révolte.

 

« Je voyais, j’apprenais à connaître des hommes qui étaient des saints, s’il est des saints en ce monde; je voyais et parlais à des savants, les uns crapuleux, les autres non; j’écoutais des hommes qui avaient le feu sacré dans les tripes, qui auraiet convaincu Dieu même qu’ils étaient dignes qu’on leur accordât une dernière chance, Dieu même, mais certes pas le vice-président de la Cosmococu. J’étais là, assis, rivé à mon bureau et ce faisant parcourait le monde à la vitesse de l’éclair, et j’apprenais que partout c’était la même chose, partout la faim, l’humiliation, l’ignorance, le vice, l’avidité, l’extorsion, la chicane, la torture, le despotisme, l’inhumanité de l’homme envers l’homme : Les chaînes, le harnais, le mors, la bride, le fouet, les éperons. Et meilleur le calibre, pire la condition de l’individu. Des hommes foulaient les rues de New-York, attifés de cette saloperie d’attirail dégradant, objet de mépris, plus bas que tout, se trimbalant comme des algues, des pingouins, des boeufs des otaries savantes des ânes patients d’énormes baudets semblables à des gorilles fous, à des dociles maniaques mordillant l’appât qu’on leur balance sous le nez, à des souris valsantes, des cochons d’Inde, des écureuils, des lapins, et maint et maint d’entre eux étaient de taille à gouverner l’univers, à écrire la plus grande oeuvre qu’on eût jamais écrite. Quand je pense à quelques uns de ces Persans, de ces Indous, de ces Arabes que j’ai connus, quand je pense au caractère qui se révélait en eux, à leur grâce, à leur tendresse, leur intelligence, leur sainteté, je crache sur la race blanche des conquérants de ce monde, Anglais dégénéré, Allemand borné, Français content de soi et de son confort. La terre n’est qu’un grand être unique et sensible, une planète saturée de part en part d’humanité, une planète vive et qui s’exprime en bafouillant, en bégayant; non pas demeure de l’homme blanc, ou de la race noire ou jaune ou de la race éteinte des hommes bleus, mais demeure de l’homme, et tous les hommes sont égaux devant Dieu et auront leur chance, si ce n’est aujourd’hui, dans un million d’années. [...]« 

22 Réponses à “Henry Miller, Tropique du Capricorne”

  1. Hussard82 dit :

    j’ai lu ce livre il y a deux ans sur le conseil d’une amie. j’ai bp aimé également. je l’ai trouvé dur et sans concession avec les hommes et la vie.
    et vous qu’en pensez-vous ?
    où en êtes-vous dans le livre ?

  2. Lili (cinemavie) dit :

    Bonsoir, ou bonjour !

    J’escomptais bien un commentaire de vous sur ce livre…chouette !!

    J’en arrive bientôt au milieu = je glisse encore au début du « Trolley Ovarien ». Je ne connaissais pas Henry Miller avant de rencontrer Tropique du Capricorne au hasard des étalages. À ce stade tout ce que je peux dire c’est que j’aime sa verVe et que je suis paradoxalement rassurée de me retrouver dans sa manière de voir le monde tel qu’il va mal. « Dur et sans concession envers les hommes », je suis vraiment d’accord, mais je le trouve aussi tellement altruiste, non ? Je veux dire, derrière l’accusation, derrière la colère il y a l’amour envers les « Saints » (ou sains) et le désir de connaître les Hommes. J’aime sa sensibilité mêlée à sa colère en sorte que l’une et l’autre se complètent à merveille et nous donne cette impression de proximité (vie privée, rêvée, publique…).

    Au fait, je voulais vous parler de votre mémoire sur F.Truffaut : Dans quel cadre l’avez-vous écrit ? (Et quelles études faites-vous, hop ?) Je serais curieuse de le lire. Ou dans lire des extraits.

    Bonne journée :) !

  3. Hussard82 dit :

    Je ne fais plus d’étude mais c’était le cadre d’un mémoire de maîtrise en lettres modernes. comme je suis bloquée jusqu’au traumatisme sur l’oeuvre, la personne et la pensée de François Truffaut, j’ai été « obligé » d’écrire sur lui. j’avais donc dégoté un prof « littérature et cinéma ». bp me conseillait de travailler sur le simple fil des adaptations d’Henri-Pierre Roché. Les Deux Anglaises c’est le film le plus ouf que j’ai jamais vu de ma vie, en plus je l’ai vu sur grand écran, en 2000, lors que la rétrospective MK2. Mais je ne pouvais pas toucher à ce qui me brûle le plus (la part sombre de François Truffaut). j’ai donc consacré un mémoire faussement naïf à Antoine Doinel. j’ai traité de l’héroïsme et de l’anti héroïsme comme notion littéraire perduré chez Doinel, l’unicité du personnage à la Balzac sur plusieurs épisodes, Antoine Doinel dans la « décennie du doute » (les années 70) etc etc.

    Je suis toujours heureuse d’en parler de Truffaut. Vous êtes à quelle fac ? j’en mourrai, de ne pas avoir de travail et de me faire une aprem avec vous à l’Ecritoire, à parler de ce qui ne meurt jamais…
    Bien à vous.
    H82

  4. cinemavie dit :

    Merci pour votre réponse, alors donc je suis sur vos traces en lettres modernes ? …Quelque part j’avoue que ça me rassure.Si.
    (rmrmrm êtes-vous prof ?)
    Je suis à la fac de Malesherbes, pas encore à la prestigieuse Sorbonne; dans 1 an on nous y rameutera au quartier latin, avec les grands, là où ça devient sérieux (?); et je deviendrais peut-être une « habituée » de « L’Ecritoire » au passage tiens, rien que pour avoir la chance de parler avec vous de « ce qui ne meurt jamais » (oh, ce serait géaaant!)
    à bientôt !

  5. Hussard82 dit :

    Bonsoir la fan de Fanny

    Vous devez donc être en deuxième année de DEUG ou alors, comme il parait que ça n’existe plus (je joue la vieille mais je ne le suis pas) en deuxième année de licence.

    je ne suis pas allée à Malesherbes parce qu’à ce moment-là j’étais en khâgne avec des profs dingues. J’ai été prof quelques mois et j’ai démissionné parce que cela ne me convenait pas et que je trouvais ce métier très difficile. Je vis à présent ma passion pour l’écriture, la musique et Truffaut à plein tube… mais en dehors des heures de boulot. Par un furieux hasard, pour gagner ma vie et parce qu’il ne faut pas mourir idiot, j’ai l’honneur surprenant de vous dire que je suis responsable ce qui s’écrit sur ce site : http://www.kernix.com
    en plus d’autres petites responsabilité sympatoches et décalée pour une littéraire pure jus. je vends du web, je vends du rêve. j’aime bien parce que c’est différent de ce que je suis et que de cette façon je ne peux que vivre mes passions à 200 %, j’écris et compose un peu le soir, le week-end et je vis deux fois plus intensément ce qui m’émeut.

    heureuse que vous soyez dans Paris. je suis certaine qu’on se verra un jour, si si promis ! Pour le moment c’est assez flou pour moi parce que je suis en plein déménagement et c’est l’anarchie.

    bien à vous, avec amitié

    ps : c’est quoi vos oeuvres au programme ?

  6. Lili (cinemavie) dit :

    Salut Hussard 82 !
    Pardon pour le retard dans la réponse, je suis sur le départ pour un road trip en..Amérique du Sud et je suis toute excitée.
    Merci pour votre réponse, je suis toujours très heureuse de vous connaître un peu plus :) Et c’est très bien ce que vous faites. Je « voudrais » « commencer » par être prof car euh j’y crois. Et je vous crois aussi sur parole lorsque vous dites que c’est un métier difficile.
    En ce qui concerne mes oeuvres aux programmes, chronologiquement sur 2ans si mes souvenirs sont bons (rm) : Baudelaire (LFDM), Musset (Lorenzaccio), Flaubert (Mme Bovary), Voltaire (Candide), Balzac (Le père Goriot), Crébillon (Les égarements du coeur et de l’esprit) et puis le mythe de Faust en littérature comparée (Valery, Thomas Mann, Goethe, Marlowe), Molière (le misanthrope), Beaumarchais (Le barbier de Seville, le mariage de Figaro)…Voilà en gros ce que nous avons …survolé.
    Je me tate pour la suite car il existe une (nouvelle) filière « lettres modernes appliquées » qui à l’air plus concrète…et surtout plus professionalisante, en apparence du moins. Il y a surtout une petite branche audiovisuelle qui me fait les yeux doux.
    Bref.
    Bon déménagement et au plaisir d’avoir de vos nouvelles ;) De toute façon j’en prendrai.

  7. Mily Ardant dit :

    Uuuuuhhhhh, qué bueno por favor… Estoy pensando que ya estás muy cerca de aquí!

    Hora 16:12…

    Qué tengas muy buena estadía y que te diviertas mucho mucho mucho!

    Chau querida!

  8. Hussard82 dit :

    je vous ai lu. vous devez être en vacances. trop bien, profitez-en !
    votre programme -tout dans les classiques- est bien je trouve. surtout pour la comparée, on a toujours des trucs bien je trouve. et puis Valery … moi j’aime bp et je n’ai jamais eu la chance de l’étudier en oeuvre complète.

    « lettres modernes appliquées », ça existait déjà « plus ou moins  » « de mon temps » (je ne suis pas si vieille). c’est un peu de la grande bouffonnerie. penser surtout que si vous voulez faire autre chose qu’enseigner, vous pourrez toujours. pas besoin de forcément faire de concession avec vos études, il vous suffit de vous faire un stage par an dans un domaine de prédilection. d’abord un mois puis, en master (on a plus de temps), 3 à 4 mois. On s’en sort très bien ainsi je trouve. On a de quoi parler, se vendre en entreprise, et on fait ce qu’on aime durant ses études.
    à bientôt !

  9. Mily Ardant dit :

    Hola Querida!!!

    Te quedaste a vivir en Sudamérica????

    Abrazos y besos desde Buenos Aires…

  10. cinemavie dit :

    Merci beaucoup pour vos conseils Hussard- je suis parfois un peu inquiète pour la suite, quand j’y pense- je les suivrai ! J’espère que tout roule pour vous ! à très bientôt !

  11. Pomme d'api dit :

    Depuis quelques semaines je m’étais penché sur cet écrivain passionnant qu’est Henri Miller. J’ai donc entamé Tropique du Capricorne, d’ailleurs je me suis trompée puisque je voulais commencer par Tropique du Cancer pour suivre un ordre chronologique mais maintenant que je suis lancée, je ne peux pas m’arrêter. Son style et si direct, si franche, reposant sur d’étonnantes convictions et une passion pour l’homme, (la femme, aussi) qu’il nous envoute dans sa bulle et dans sa critique complète d’une Amérique des débuts du XIXeme.
    Ayant lu précedemment le Journal D’Anaïs Nin, et ayant vu le film « Henri & June » ce personnage m’avait plus et m’avait donné très envie de lire ses écrits. Mais c’est vrai qu’il caricature beaucoup, comme l’avait souligné Nin dans une critique de tropique du Cancer si mes souvenirs sont bons..

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