Anna M., de Michel Spinosa, avec Isabelle Carré

27 avril 2008

Anna M., de Michel Spinosa, avec Isabelle Carré 18723701

  Un film que me fait beaucoup penser à « A la folie pas du tout » (cf. article lié), puisqu’il traite du même sujet, l’amour, fou : « l’érotomanie » (la passion vive ET l’illusion d’être aimé). Un sujet inépuisable et toujours aussi bouleversant au fil des histoires et des héros…

Celle-ci l’est particulièrement puisqu’elle s’inscrit dans une athmosphère obscure de l’intériorité d’Anna, dès le début.  Pour sombrer petit à petit vers les profondeurs illimitées, et méconnues, de l’âme humaine vers l’enfer de la passion, folie et douleur garanties.Le film s’articule entre plusieurs chapitres qui correspondent en réalité aux différentes phases de l’érotomanie : « illumination », « espoir », « dépit », « haine ». (espoir, dépit, rancune, agression dans les livres)

Le scénario est vraiment bien mené (la photo ci-dessus est extraite d’un moment clé du film) et la performance d’Isabelle Carré très réussie.

Toutes les musiques qui enveloppent le film de tons envoûtants et théâtraux sont… émouvantes!  (Coco rosie « Candyland », Au revoir simone « Stay Golden », « ; Vivaldi « les 4 saisons »,

 Mais je n’en dirais pas plus…à vous de voir.

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Réalisé par Michel Spinosa Avec Isabelle Carré, Gilbert Melki, Anne Consigny Film français. Genre : Drame Durée : 1h 46min. Année de production : 2006

 

La Pianiste, réalisé par M. Haneke, avec Isabelle Huppert

27 avril 2008

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La performance d’Isabelle Huppert dans La Pianiste est absolument remarquable. Annie Girardot réalise un sans faute. Et Benoît Magimel est « crédible », « en son genre » : Je n’ai pas apprécié son interprétation. Même si elle était « plosible ».

 

Le film porte le nom et le scénario du roman de Elfriede Jelinek que je vais lire.   …Un film fort, dérangeant, intense, inoubliable. Obscur, profond, à sa manière. D’amour ? à sa manière…Passion avant tout. Et de toutes natures.

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Grand prix du Jury à Cannes en 2001, prix d’interprétation  à Isabelle Huppert (normal) et à B.Magimel (bof).

 

Réalisé par Michael Haneke Avec Isabelle Huppert, Benoît Magimel, Annie Girardot Film français, autrichien. Genre : Drame  Durée : 2h 10min. Année de production : 2000 Interdit aux moins de 16 ans

La Naissance Des Pieuvres

5 avril 2008

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« Je me suis construite dans la pierre dure de mes 15 ans » (Fanny Ardant)

Une plongée pour une immersion totale dans les eaux agitées de l’adolescence; de ses tourments; de ses bouleversements, ses questionnements, ses désillusions, ses joies…Tout cela nous rappelle des souvenirs tellement précieux, d’une période intense et qui a déjà filée à toute allure…Attention âmes nostalgiques, à regarder avec modération !

Une belle musique pour un univers aquatique si particulier, de belles images, et des actrices absolument crédibles dans leur jeu, grâce aux dialogues notamment et au scénario.

Premier film de Céline Sciamma réalisé avec une sensibilité « immaculée », je suis conquise.

En savoir plus : Secrets de tournage

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♥ The (Les) Secrets – Ha Sodot / Emeth, de Avi Nesher (2007)

5 février 2008

“Vous vous rendez compte de quoi est fait un être humain ? D’obscur, de contradiction, de folie, d’intelligence…Il faut lutter pour le sauvegarder ! (Fanny Ardant)

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Mes impressions sur ce film sont très intenses……Ce film m’a « impressionnée », dans le sens lumineux du terme. Beaucoup de scènes m’ont marquées, celles des rituels surtout : aboutis, interrompus, « transis »…Ces scènes ont un goût étrange, de beauté et de vérité, douloureuses, infinies absolues et ineffables…qui transcendent les vies humaines en quête de « beauté-vérité » depuis des siècles… Fanny Ardant est touchante, comme d’habitude, mais en particulier dans ce film où on l’a voit sous un nouvel angle cinématographique : Malade, avec le maquillage adéquat… Cette paleur de teint, ces lèvres blanchies, ces cernes foncées, comme des ombres de la mort… Cette vérité « nue » dans le bain de purification…Tout cela fait de l’interprétation de Fanny ARDANT (Anouk) une interprétation vraiment bouleversante. J’ai eu peur lorsque je me suis mise à croire vraiment à son personnage, à n’en plus distinguer La Fanny Ardant de « la femme d’à côté », et des interviews, de celle de « The Secrets »…. …D’un point de vue purement délirant, Anouk (the secrets) aurait d’ailleurs pu incarner le spectre de Mathilde (la femme d’à côté), puisque ces deux personnages ont commis un crime passionnel…Cette pensée aurait-elle effleurée l’esprit d’Avi Nesher ?

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Ci dessous l’interview lumineux de Fanny Ardant + une fiche film complète  (variety.com)

Fanny Ardant, secrets et révélations

♥ The (Les) Secrets - Ha Sodot / Emeth, de Avi Nesher (2007) fannylossecretos-full

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Live!, de Bill Guttentag, dans les salles obscures

29 janvier 2008

Live!, de Bill Guttentag, dans les salles obscures  live_6

Avec la Sublime Eva Mendes…Qui interprète sans faute un rôle ambitieux. Ce film d’une violence morale extrême veut pointer du doigt les dérèglements du « divertissement » et des émission télévisuelles dont les producteurs veulent avant tout du profit à tout prix, et la recherche de l’audience maximale… avant tout, avant même la bienséance, et en bravant les valeurs parfois les plus importantes.

Eva Mendès pose la question de la liberté de la télé…Libre de proposer des émissions bravant toutes les valeurs, culturelles et la réflexives, et jusqu’où ? Vers quelle nouvelle « aire » ?

Excellent scénario !

Un film américain, qui fait réfléchir. Ce n’est pas une antithèse et ça fait du bien … »Comédie dramatique »…Oui, et plus précisément  satirique et dramatique…A voir, et en V.O  !

23 Janvier 2008  Réalisé par Bill Guttentag Avec Eva Mendes, David Krumholtz, Andre Braugher  Genre : Comédie dramatique  Durée : 1h 36min. 

+ L’interview éclairante d’Eva MENDES et de Bill GUTTENTAG ci-dessous. Étonnant, il parle de La nuit américaine de François TRUFFAUT ! :

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Roman de Gare, Claude Lelouch

6 janvier 2008

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Lorsqu’on regarde un film de Lelouch, on peut être surpris par un scénario emmêlé qui se résoud lentement, à mesure que le film progresse. Les flash-back, les mises en abyme, les focalisations parallèles…Plusieurs faits se connectent vers une résolution de l’intrigue toujours surprenante. J’avoue que j’ai eu du mal avec Audrey Dana et Michelle Bernier. Quelque chose me dérange. La non crédibilité du personnage incarné par M.Bernier alors que Florence Thomassin était initialement prévue pour ce rôle (ne parlons pas du mari lorsqu’il lui annonce qu’il l’a quitte…c’est froid glacial et impersonnel), quant à Audrey Dana, c’est ce côté « midinette » pleureuse et criarde du début, mais qui est finalement résolu par  la suite de l’histoire…
Ardant incarne pour la première fois un personnage « non amoureux », froid et malveillant. C’est à la fois esthétique et crédible. Le jeu est toujours aussi prenant, même quand il n’incarne pas ce personnage « amoureux passionné »qui lui va si bien. Judith Ralitzer (Fanny Ardant) est pourtant fougeuse et passionnée, mais d’une manière pervertie; en réalité c’est un personnage tellement passionné par un talent qu’elle jalouse (la littérature) qu’elle en devient machiavélique.  (Sic. la scène du manuscrit : )

Pierre Laclos « _ Vous avez vraiment aimé ? Judith Ralitzer_ À en crever de jalousie. C’est bien simple, j’ai envie de te tuer ».  C’est une femme intouchable, en apparence. Toujours ardente, mais différemment qu’ailleurs.

Ps : Pourquoi Lelouch a-t-il donné le prénom « Judith » (deuxième prénom de Fanny ARDANT) à l’héroïne qu’elle incarne ? Simple coïncidence ou …?

La belle histoire, de Lelouch

23 décembre 2007

12695b32770a42a5abff6d9347ce3bd2.jpgUn film qui nous place d’emblée dans une perception ultra sensible du monde qui nous entoure. Avec cette intro ammenée par la valse de Brel et les images du ballet des voitures de milliers d’anonymes dans Paris…Comme il est dur de parler d’un film de Lelouch  ! Celui-ci est un métissage de faits, antiques et modernes, d’idées, de superstitions, d’amours….C’est un film très long, de 3h30 mais je ne me suis pas ennuyée une seconde. C’est un film du voyage, à travers le monde et les siècles ! Et les tons de la musique Espagnole sont …divins. Tous les acteurs son excellents ! Mais j’ai un faible pour Gérard LanvinRire, et Béatrice Dalle.

Un film à voir !

Sur la route de Madison (Inspiré d’un roman de R.J. Waller)

23 décembre 2007

streepeastwood.jpgSplendide Meryl Streep ! Son interprétation donne de la perspective à ce film qui serait bien morne sans elle. J’ai été subjuguée par son jeu. Je l’ai vu en français, mais je suis convaincue que c’est un film à voir en VO…

 

Meryl streep donc, toute jeune et déjà si talentueuse. Et je découvre à peine Clint Eastwood. Bien, bon acteur…mais je n’adhère autant qu’à Streep. Quant au film pour l’anecdote il paraît que c’est le film préféré de la chanteuse Patricia Kaas.  L’histoire en elle-même n’est pas franchement extraordinaire et je la trouve finalement assez proche de la Madame Bovary de Flaubert. Sauf que le film fini bien. C’est l’histoire d’un adultère. Ou comment une femme vivant dans un endroit franchement paumé à rencontré le prince charmant et à vécu l’histoire d’amour la plus inespérée de sa vie pendant 4 jours. . .Pour être confrontée à un choix crucial : Partir avec le prince charmant et tout reconstruire, ou bien rester avec ce qui est déjà construit, malgré l’ennui et l’aspiration vers cet autre idéal qui est alors en face d’elle ! Ce film parle de l’ennui du couple marié. La recherche constante de l’amour absolu…Et l’impossibilité de vivre celui-ci. Parce que.

 

C’est un film un peu long, je me suis ennuyée chaque fois que l’histoire s’interrompait pour laisser place à celle des enfants qui lisaient le livre de leur mère…Le rôle du fils incompréhensif et impulsif traitant carrément sa mère de traînée, qui a finalement tout capté en bloc m’a un peu …agacée…je l’avoue !

 

Mais ce film reste une belle interprétation d’un histoire qu’on ne rechignerait pas à vivre.

Last tango in Paris

19 novembre 2007

 

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Un titre qui fait chavirer notre imagination de metteurs en scène en puissance. Et qui nous plonge dans l’ivresse des rondes infernale et de la musique, et du désir, typique tango of course.
C’est aussi un film sur une époque. Celle de la libération sexuelle de la femme. Epoque qui a fait naître bien des tourments et qui a bouleversé la gent masculine, pas du tout habituée à cette nouvelle puissance que représente…La femme, libre et épanouie. Ou presque.
Et comme l’amour se vit à deux, les tourments sont contagieux.
Quelle artiste, Maria Schneider ! Je l’ai trouvée sensationelle !! Brando est une légende faut-il encore le citer. Sensationel aussi, allégorie bouleversante de la déchirure.
Tous les deux totalement…étonnants, renversant, touchants !Ils mettent en perspective d’autres champs du tragique. (ou Peut-être un autre registre que je n’arrive pas à nommer…?) C’est époustouflant.
Alors coupage de souffle et tombage de chaise, et versage de larmes pendant tout le film.
Âmes sensibles, évidemment, s’abstenir il y a des scènes…que je ne peux pas qualifier de « choquantes », le seul mot qui me viens c’est : « belles ».
Scénaristes et réalisateurs se situent bien haut, au top niveau ! C’en est même épatant, cette perfection d’écriture. Ce scénario bien fourni et sans failles. Ces beaux dialogues. Cette mise en scène sans faute…
Et ces apparitions du passionné Jean pierre Léaud !
Ce film pose plein de questions. J’en retiens une : « l’amour prend-il une plus grande ampleur lorsqu’il se révèle impossible? » Est-ce qu’on aime plus dans le désespoir, à cause du désespoir ?

 

Mes scènes préférées :
♣Le début, la scène de rencontre, la rencontre des corps dans cet appartemment vide ! Ils ne se connaissent pas, mais se reconnaissent, se cherchent surtout. C’est tellement fou ! C’est cette scène là qui donnera toute la tonalité au film.
♣ »La scène du beurre » (pour ne pas utiliser les grands mots et faire tout à coup hausser les stats du blog). Je l’aime pour le jeu des acteurs et pour sa portée tragique (ces larmes mêlé à cette folie; car ils sont tous les deux désespérés dans cette scène). Qui d’entres vous qui lisez ces lignes n’y a pas cru une seconde ? Moi j’étais à la fois Maria Schneider, Marlon BRANDO et le beurre.(euuuh..).
♣Les tournages avec J.P Léaud, notamment celui à reculons, « vers le passé ».
♣Le « dernier tango », dansé sur la piste de danse au milieu de gens très comme il faut. « C’est un acte très subversif » (ok, je paraphrase là ^^)
♣La dernière scène évidemment, celle où [chut]
Voilà, ma lecture de ce film est bien légère, rédigée « à chaud ». Elle s’attache surtout au regard à travers le point de vue de la Femme (Maria Scheiner). J’ai lu une critique de ce film très éclairante, et qui est aussi une lecture de l’autre point de vue, celui de l’Homme ( Brando). Je vous la livre, et vous invite à visiter le site de l’auteur ici.

 

derniertango.bmpDernier Tango à Paris véhicule depuis plus de trente ans une image sulfureuse, liée aux démélés juridiques du film et à certaines scènes figurant aujourd’hui encore parmi les plus audacieuses de l’histoire du cinéma.
Pourtant, le film de Bernardo Bertolucci doit avant tout être considéré comme une très grande oeuvre sur la douleur et sur l’impossible renaissance.
Paul vient d’apprendre le suicide de sa femme. Il baise alors avec une inconnue dans un grand appartement vide, et essaye de comprendre ce geste désespéré.
Dernier Tango à Paris explore l’impossibilité du deuil. De fait, c’est un pamphlet foudroyant. A écouter ses personnages, il n’y a pas de salut possible. Brando insulte la famille en sodomisant sa maitresse, singe le mariage, provoque Dieu.
L’oeuvre de Bernardo Bertolucci est une certaine idée de la virulence au cinéma.
C’est surtout une incroyable communion de talents. Le réalisateur met en scène avec un instinct formidable, usant de long travellings pour accompagner ces solitudes.
Il convie à ses côtés Vittorio Storaro, directeur de la photographie virtuose, et ne cache jamais la référence principale du métrage, à savoir l’oeuvre picturale de Francis Bacon.
Le film transpire l’oeuvre de Bacon : ses tons chauds, sa violence contenue.
Et quel comédien pouvait être meilleur vecteur de cette violence que Marlon Brando ?
Celui ci livre là sa performance la plus intriguante. Il traîne sa carcasse de bête blessée et plonge corps et âme dans ce personnage qui pourrait être une somme de ceux qu’il a interprété jusque là, de Stanley Kowalski au cow-boy masochiste de la Vengeance aux deux visages.
Bertolucci n’a jamais caché le fait que le comédien ait improvisé une grande partie de ses monologues.
En effet, Brando savait, au moment du tournage, que ses jours à l’écran étaient comptés.
L’envie l’avait quitté depuis longtemps.
Trois décennies avant sa mort, il livre déjà son testament cinématographique. Il offre un visage de l’homme aux admirateurs du comédien.
Un visage qu’il dévoile comme libéré, face caméra, sur ce balcon, dans les dernières images du film.

Contre le « remake » de La Femme d’à Côté !

14 novembre 2007

emoticoneÉnorme COUP DE GUEULLE !emoticone

Avez-vous comme moi entendu  parler du projet de réalisation d’un remake « US » de  la Femme d’à côté , de François Truffaut ? Alors je me relève, car je viens d’en tomber de ma chaise et je vous le dit : j’en suis OUTRÉE !

Moi qui crois en la force du cinéma, et en la magie des réalisateurs…Je me pose des questions là.

Qu’est ce qui a pu motiver Taylor Hackford, et Neil Labute à commettre un tel crime ? La femme d’à côté est un pur trésor ! Scénario ORIGINAL de François Truffaut. Ils veulent donc le piller ?

Ce film culmine au-delà du monde… Non vraiment, on ne peut pas y toucher. On ne peut pas « refaire » un chef-d’oeuvre ! C’est absurde !

Les remakes sont intolérables et dangereux, car il s’agit de dénaturer des œuvres originales.

À quoi aspirent les réalisateurs ? Qu’ils changent de métier s’ils n’ont plus d’idées !

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