La chambre verte, François Truffaut, 1978

11 novembre 2007

D’après 3 nouvelles d’Henry James « l’autel des morts » , « Les Amis des amis », « La Bête dans la jungle ».

 La chambre verte, François Truffaut, 1978 trchvert

Un film bien sombre ! Qui nous parle de la mort et de notre relation avec « nos morts ». J’aime beaucoup voir François Truffaut jouer dans ses propres films. C’est toujours très éclairant (tout en creusant encore plus le mystère cela dit…). Et dans La chambre verte, son interprétation est très mystérieuse, et bouleversante. Il interprète ce rôle d’homme, à part, et qui s’enferme volontairement dans une grande solitude depuis la mort de sa femme qu’il aime d’un amour fou _car désespéré_ et dont il encense maladivement la mémoire. C’est sa façon à lui de vivre sans elle  : vivre avec elle même si elle n’est plus. Mais l’excès dans son devoir de mémoire le fait vivre comme un marginal, et le place « contre les vivants ». Il semble vouloir effacer les traits qui le dessinent dans le monde réel et tend peu à peu lui-même vers l’ « autre monde »…

La fin est tragique, puisqu’il semblerait que l’amour que lui porte la jeune Cécilia Mandel (Nathalie Baye, toute jeune !) aurait pu le sauver…Mais…je ne vous en dirai pas plus…

Un film bien triste, mais le sujet demeure intéressant, et l’interprétation de Truffaut bouleversante.

Avec une musique envoûtante, même si la bande son est un peu ancienne, le ton est bien donné par celle-ci.

Ps : The Story of the impossible de Van Poel (en audio) est étrangement dans l’atmosphère de La chambre verte. Si j’avais réalisé ce film (ohoho) je l’aurais peut-être utilisée… »We had this story, of the impossible/ A tale best told softly/ One of make believe/ maybe impossible to achieve,/ but really close... »

  • A propos de »La Chambre Verte » Truffaut écrit…
     » Chaque année, il nous faut rayer des noms sur le carnet d’adresses de notre agenda et il arrive un moment ou nous nous apercevons que nous connaissons plus de morts que de vivants.

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Bienvenue à Gattaca, Andrew Niccol, 1998

4 novembre 2007

« Pour quelqu’un qui n’a jamais été fait pour ce monde, je dois avouer…Que j’ai soudain du mal à le quitter. Biensûr on dit que chaque atome de notre corps fesait autrefois partie d’une étoile. Peut-être que je ne pars pas…Peut-être…que je rentre chez moi. » 

gattaca

Moi qui ne suis pas une grande admiratrice du genre « science fiction », j’ai été touchée par ce beau film ! Je vais essayer d’en dire quelques mots brièvement…

Dans un décor certes un peu froid de ce centre de recherches spatiales ultra sophistiqué, l’histoire est celle du Rêve bel et bien Humain…Avec comme « fond de scénario » cette intrigue du meurtre du directeur de mission qui nous tient en haleine sans discontinuer. Pour ma part, je suis restée absorbée par cet Univers surréaliste, où l’on pose les limites de l’Identité, et des dangers de la selection génétique, ainsi que la nécessité du hasard dans la conception humaine…L’impossible « perfection » de l’Être…Et cette part imprévisible génétiquement parlant, qu’occupe notre volonté, notre personnalité.                                                                                                                           Des acteurs avec leur rôle dans la peau !

Un film qui fait réfléchir mais surtout …qui fait rêver ! Enveloppés de l’atmosphère merveilleuse de la musique du grand… Michael Nyman.

♥ Le fils du français, 1999

28 octobre 2007

enimagesi7.gif (Cliquer 2 fois pour écouterLa traduction de Carinhoso est disponible dans les commentaires !)

…Encore un film d’aventure, mais dans le genre comique cette fois-ci…Pour moi c’est un film réussit, qui ne sombre à aucun moment dans un sous genre bateau…! Non, tout en finesse le scénario et les acteurs. Tout en finesse dans la comédie et dans le sérieux aussi.  

Fanny Ardant excelle dans ce rôle de grande dame romantique et artiste dans l’âme, tout comme Balasko dans le rôle opposé ! C’est un film à croquer, _surtout lorsque Fanny joue l’aventurière_où tous les sujets sont abordés avec une grande sincérité et intégrité me semble t-il de la part du réalisateur (les traditions du Vénézuela et la manière dont il a filmé le mariage traditionnel nous montre la beauté de la culture malgré le comique de situation ! C’est doublement génial.)

le20fils201.jpgBenjamin laviel (David-Alexandre Parquier) est un acteur formidable ! (Que devient-il aujourd’hui?)

Site officiel du film

♥Entretien avec FANNY ARDANT «Qui est cette femme?»

«Jean-Louis Livi est venu me voir et m’a dit : « Vous allez me jeter ma proposition au visage, je vais vous demander de faire une grand-mère. »

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1492, Christophe Colomb

27 octobre 2007

1492, Christophe Colomb 6901225.2…Depardieu dans le rôle de ce grand navigateur amoureux des océans infinis du rêve, et qui transcende les siècles, c’est excellent. C’est vrai qu’il est fort aimable ce Gérard…Avec ce regard bleu outre ciel qui traverse le temps et … D’accord, je m’arrête. J’ai été fort charmée par son jeu.

Apprécié aussi : les décors, les costumes, les beaux navires le montage introductif avec ces litographies (?) sur fond rouge et ces plans sur les visages des autochtones, la musique de Vangelis évidemment…!

Moins apprécié : Des images très violentes, peut être trop parfois…Un très bon début certes_ avec cette photographie de l’époque, l’Inquisition_, …Mais trop ces images de sang et de tuerie qui reviennent sans cesse….ça gache un peu le fond, à mon sens.

Cela dit, des bons dialogues, des acteurs tous très crédibles.

Dommage de ne pas avoir parlé du naufrage de la Santa Maria…

Sorti le 12 octobre 1992 (tiens tiens…500 ans après), réalisé par Ridley scott avec…de nombreux acteurs.

Les enfants du siècle, Diane Kurys, 1999

20 octobre 2007

pfilm4602757652379.jpgAmoureuse de littérature et de cinéma ce film m’a forcément captivée d’un bout à l’autre…

C’est l’histoire de la passion amoureuse entre George Sand (Juliette Binoche) et Alfred de Musset (Benoît Magimel)… Le tout se déroule à une époque cruciale de l’Histoire, où « le mal du siècle » va faire naître le romantisme…

Extrait d’un interview éclairant avec la réalisatrice Diane Kurys :

Votre film s’ouvre avec les mots désespérés de Musset évoquant un monde en ruines, peuplé d’enfants du siècle vêtus de noir comme des orphelins, le blasphème à la bouche et le cœur vide. Rien ne semble avoir changé !
    
 En fait, le basculement de notre siècle vers le troisième millénaire n’est pas sans rapport avec l’époque que vécut la génération des jeunes gens nés entre 1770 et 1810 : société bloquée qui n’en finit pas de se chercher, systèmes de pensée obsolètes, idéologies à bout de souffle, matérialisme triomphant, épidémies mortelles et ravageuses, prise de conscience de plus en plus aiguë du malheur universel… Le début d’un siècle comme les années d’après-guerre ont toujours donné naissance à de nouveaux talents, à de nouveaux courants. Ces jeunes écrivains, ces peintres, ces musiciens qui formaient les cénacles et les salons du début du XIXe siècle avaient tous moins de trente ans quand ils ont engendré, avec le romantisme, un séisme d’une violence inouïe… Rongés par le mal du siècle, ils ont réinventé l’art en bousculant les règles, les normes et les genres établis. Ma génération, celle d’après-guerre, a choisi, elle, de réinventer l’amour et les relations humaines (Je me souviens que La Confession d’un enfant du siècle se passait de main en main sur les barricades en Mai-68 ; c’était « notre livre » autant que le Petit Livre rouge). Comme les enfants de 1830, nous avons grandi dans une société à la morale étriquée, fondée sur des principes sans lien avec la « vraie vie ». Comme Sand, comme Musset, nous avons été éduqués dans des écoles où les filles étaient séparées des garçons. A 20 ans, nous avons brusquement réalisé à quel point nous avions été isolés de l’autre sexe. Il nous a fallu redécouvrir l’amour, le débarrasser des préjugés et des vieilles culpabilités bourgeoises, retrouver une vérité que nos parents ne nous avaient pas enseignée, par ignorance ou par timidité. L’abolition des différences sexuelles est devenue l’étendard de notre révolte. Les garçons se sont laissé pousser les cheveux, tandis que les filles coupaient les leurs et mettaient des pantalons. (Sand portait des vêtements d’homme un siècle plus tôt, tandis que Musset exhibait des pantalons de fantaisie et des vestes multicolores.) Naïfs comme nous l’étions, nous étions loin d’imaginer qu’en brisant les tabous, en changeant les règles, nous donnerions naissance à une génération totalement déboussolée, privée de repères et de valeurs claires. Tout en nous accusant de « faillite » sentimentale, les jeunes sont en quête de modèles amoureux qui soient susceptibles de correspondre à leur attente. Ils recherchent désespérément des raisons de vivre et d’aimer. Faire ce film aujourd’hui et rendre résolument contemporaine cette histoire est pour moi presque un devoir vis-à-vis d’eux. Leur offrir un film d’amour qui essaie d’éviter les clichés et les mensonges et tout ce à quoi on les a habitués (feuilleton sentimental télévisé, happy end hollywoodien,…), leur montrer autre chose, autrement ; aller au plus près, au plus vrai de l’amour même si le voyage est parfois douloureux. 
 
 Pour en savoir plus, l’excellent site du film -->ici<--

♪ « Madame rêve » d’Alain Bashung, clip avec …Fanny ARDANT !

2 octobre 2007

…Cela faisait longtemps que j’aimais cette chanson aux paroles implicitement évocatrices et BO du film Rien que des Mensonges (Avec Fanny Ardant et Alain Bashung)

Et aujourd’hui je tombe PAR HASARD sur le clip… Ô miracle !? Que vois-je ?

Image de prévisualisation YouTube

 

Midnight Express

23 septembre 2007

« L’important est de ne jamais désespérer« , c’est la citation gravée sur l’affiche du film…

Midnight Express sjff_01_img0323

…Qui est  une histoire vraie, et non une fiction… et j’en viens à me demander si la volonté du héro est bien humaine, ou si nous aurions tous pu avoir une telle volonté (une rage) de vivre, devant tant d’injustice, d’arbitraire, de violence…

Un film époustouflant, du début, à la fin…Les  mots me manquent pour exprimer l’émotion que j’ai ressentie, et pardonnez moi si j’en parle maladroitement. C’est un film très violent, du début à la fin, mais qui pèse, dans toute sa lourdeur, le poid de la notion de justice, et de l’injustice en Turquie, mais aussi dans le monde…

Même si certains passages m’ont choquée, pas dans les images, mais dans les paroles_de rage, de haine_lorsque le condamné s’exprime devant le « juge » Turque (« Vous êtes une nation de porcs » etc…Certes sa haine contre la justice turque est justifiée, mais la généralité est douteuse…Le peuple Turc subit aussi les conséquences de l’injustice et du dérèglement des institutions de son propre pays…) 

Donc mis à part ces 5 minutes de doute, le film est un cri, une révolte parfois amère, mais finalement formidablement admirable (le mot est faible) et précieuse…

2H de frissons continus…Un film qui vous marque et pour longtemps!

Date de sortie : 1/09/1978; réalisé par Alan Parker. Avec….Brad Davis, Iren Miracle, Bob Hopkins…

La comtesse aux pieds nus (The Barefoot Contessa), 1954

18 septembre 2007

La comtesse aux pieds nus (The Barefoot Contessa), 1954 contessa6J’ai lu dans une interview que Fanny Ardant avait beaucoup apprécié ce film ^^… C’est ce qui m’a naturellement amenée à le regarder. Je pense qu’on connaît mieux une personne en regardant les films, en lisant les livres, qu’elle a apprécié. Et lorsque l’on est aussi touché, ça devient un lieu commun…Comme un trésor.

…Et la comtesse aux pieds nus est effectivement un film sublime, de 1954, qui n’a pas pris une ride aujourd’hui. L’histoire d’une danseuse Espagnole qui est propulsée dans le monde du cinéma Hollywoodien… Le récit de cette ascension, ainsi que le portrait de cette femme forte d’un caractère construit au fil des dures étapes de sa vie, mi-princesse bohème, mi-princesse de conte de fée,_ sans jamais faire « sombrer » le film dans l’univers de Cendrillon_ est absolument captivant, et bouleversant. C’est un film comme je les aime, qui plaque la toile du cinéma sur celles de nos vie rêvées, de nos vies tout court. Dans un contexte de rupture entre la chaleur culturelle de l’Espagne et de l’Italie, et celui des super-productions du cinéma Hollywoodien.

Superbe Ava Gardner.

« J’ai essayé de faire un conte de fées qui corresponde à la vie d’aujourd’hui, une version amère de Cendrillon. Le prince charmant aurait dû, à la fin, se révéler homosexuel, mais je ne voulais pas aller aussi loin. » Joseph L. Mankiewicz.

  • Réalisation, Scénario, Production : Joseph L. Mankiewicz

  • Musique : Mario Nascimbene

  • Directeur de la photographie : Jack Cardiff

  • Décors : Arrigo Equini

  • Costumes : Fontana

  • Pays : États-Unis

  • Tournage : du 11 janvier au 29 mars 1954

  • Durée : 128 minutes

  • Genre : drame

  • Avec Ava Gardner : Maria Vargas Humphrey Bogart : Harry Dawes Edmond ‘Brien : Oscar Muldoon Valentina Cortese : Eleanora Torlato-Favrini Marius Goring : Alberto Bravano Rossano Brazzi : le comte Vincenzo Torlato-Favrini Elizabeth Sellars : Jerry Dawes Warren Stevens : Kirk Edwards Franco Interlinghi : Pedro Mary Aldon : Mirna

    Une affaire de femmes, 1988

    15 septembre 2007

     Une affaire de femmes, 1988 p13641

    Moi qui voulais du drame…En voilà ! Et du « beau drame ». Celui du grand bouleversement, celui qui nous fait réfléchir, celui qui nous assomme et nous inonde d’une formidable envie de vivre…larmoyante. Hm…

    Par certains aspects, ce film m’a vaguement fait penser à Sophie Scholl. Le tempérament de l’héroïne, l’emprisonnement, la question de la justice (l’injustice) criante, et …la fin. Que je ne révèlerais pas !

    J’apprends, d’après Wikipédia, que… »À l’automne 1988, une grenade lacrymogène explosa au Miramar-Montparnasse, à Paris dans la salle qui projetait ce film. Victime d’un malaise cardiaque, un spectateur décédera peu après. Des fanatiques catholiques n’avaient pas supporté la prière iconoclaste qu’Isabelle Huppert, l’avorteuse, livre avant d’être exécutée : « Je vous salue Marie, pleine de merde. Le fruit de vos entrailles est pourri ». »

    …C’est énorme, cette vie du film, hors du film qui soulève_ en dedans et en dehors_, des problèmes profonds. N’est-ce pas aussi un des buts du Cinéma ?

    Isabelle Huppert est sensationnelle dans ce rôle de femme forte et …pénétrante (voyez!), intelligente et poignante. Ce film lui a d’ailleurs valut le prix d’interprétation féminine, à Venise.

    Marie Trintignant, déjà extraordinairement talentueuse.

    Un film à voir et à avoir (en tête).

    Réalisé par Claude Chabrol. Avec Isabelle Huppert, François Cluzet, Marie Trintignant.

    Une vie à t’attendre

    13 septembre 2007

    Une vie à t'attendre p6151Un titre romantique, Nathalie Baye dans le Casting…c’est ce qui m’a poussée à regarder ce film. J’apprends que c’est le premier long métrage de Thierry KLIFA, Journaliste à Studio Magazine pendant 10 ans.

    Et c’est un long-métrage audacieux, dans le scénario où certes il se passe pleiiin de choses (trop?) mais donc un peu longuet;  il échappe maintes fois à ma lassitude par de multiples péripéties…Mais un peu bateaux!  Je ne peux pas mentir, je n’ai pas vraiment (vraiment pas ?) adhéré. J’ai admiré la performance de Nathalie Baye, encore et toujours fidèle à elle même, simple et réservée, timide et « comme il faut », posée et réfléchie. Son rôle, et le scénario, tend à nous montrer l’envers de ce décor là, celui des apparences, pour le ressentit, et les grands sentiments. Mais je suis restée un peu sur ma faim dans cette attente… c’est un film bien sage, avec un Patrick qui veut mais « qui peut pas »…J’aurais préféré quelque chose de plus explosif, de plus grave peut être, pour un tel sujet ! Quand même ! « Une vie à t’attendre », imaginez les retrouvailles ?! Mais non, apparemment, Patrick, attendre, ça l’a calmé^^

    Je suis un peu dure ? Mais touchée de pas avoir été touchée !(?) Et vous ?

    Réalisateur : THIERRY KLIFA
    Avec : NATHALIE BAYE, PATRICK BRUEL, GERALDINE PAILHAS, ANOUK GRINBERG…

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